Principe

Notre pigment va se déposer au fond du liquide, comme du sable dans la mer, qui se met en dispersion lors d’une agitation, puis retombe sur le fond. C’est à cause de cet état de non solubilité des pigments qu’on va être obligé d’agiter fortement le produit fini, dans sont tube, pour remettre en suspension le pigment, avant utilisation.

Constitution d’une « Encre » pour pigmentation réparatrice

Le produit fini se compose de 3 groupe d’ingrédients

  • Le pigment : Le pigment (ou plutôt, le mélange de pigments) qui va donner la couleur au produit et constitue le principe actif.
  • Le dispersant : produit liquide permettant de disperser une poudre
  • Les additifs : substances en faible quantité qui vont apporter des propriétés particulières au produit fini.

Le Pigment

  • Le pigment peut être minéral : oxydes métalliques. Il est soit naturel (extrait du minerai), soit synthétique (produit par synthèse chimique). Par exemple, on peut extraire les oxydes de fer à partir des carrières d’ocre ou l’obtenir à partir d’une oxydation puissante du fer métal. De même, l’oxyde de fer rouge peut se trouver à l’état naturel (extrait de l’ocre rouge) ou être obtenu par calcination à 800°C à partir de l’ocre jaune. Il en est de même de l’oxyde de fer noir, extrait naturel (magnétite) ou obtenu par synthèse chimique, ainsi que de tous les autres extraits minéraux. Ainsi, l’ultramarine existe à l’état naturel (le lapis lazzuli en est la forme la plus pure), mais peut aussi être produit chimiquement (sulfo-silicate alumino-sodique). Enfin l’ultramarine bleu peut devenir rose ou rouge-violet par halogénation (action du chlore). Il en est ainsi de tous les pigments minéraux. Lorsque le pigment minéral est issu du milieu naturel par des procédés physiques uniquement (broyage, sédimentation, filtration, centrifugation, pression, etc.) et non par des modifications chimiques, ce pigment est autorisé dans les produits BIO.
  • Le pigment peut être organique, c’est-à-dire issu de la chimie du carbone. Les pigments organiques ont vu leur essor au XVIII° siècle, avec la révolution industrielle de la chimie et l’essor des teinturiers. Si de nombreux colorants organiques sont naturels, la quasi-totalité des pigments organiques sont synthétiques. Citons parmi les organiques naturels, le rouge de Tyr (qui n’existe plus) qui était extrait du coquillage « Murex », et le carmin ou acide carminique extrait d’un insecte, la cochenille, qui est utilisé de nos jours.

Le dispersant

C’est le produit nécessaire à l’obtention d’une forme colorante liquide.

  • Il peut être de type huileux (très rarement) : huile de ricin et autres huiles minérales ou naturelles.
  • Il est habituellement sous forme aqueuse : eau, propylène glycol, glycérine, etc.

Les additifs

Ce sont des produits ajoutés qui procurent au produit fini des propriétés supplémentaires :

  • Agents mouillants et dispersants pour faciliter la dispersion des pigments,
  • Alcool isopropylique pour conserver l’état stérile après ouverture et améliorer la fixation,
  • Polymères pour limiter la sédimentation et épaissir le produit,
  • Ou au contraire, des produits fluidifiants (butylène glycol),
  • Conservateurs : rappelons que l’usage des conservateurs n’est permis par la législation que pour conserver l’état stérile et non pour le produire.
  • Des modificateurs de pH pour adapter le pH du produit au pH physiologique de la peau,
  • Résines de fixation ou autres fixateurs de pigments dans la peau,
  • Etc.

>>  Rappelons que tous les ingrédients, et en particulier les additifs, doivent avoir fait preuve de leur innocuité, démontrée par le fabricant.

En conclusion, l’ « encre » pour tatouage est un produit complexe, variable d’un fabricant à un autre, offrant des propriétés et des qualités différentes, mais aussi … une biocompatibilité ou une toxicité différente.