Dans dermopigmentation il y a « derme », et cela veut bien dire ce que ça veut dire !
La tenue d’une pigmentation, l’évolution de la couleur, la cicatrisation : le facteur commun à tout cela est la peau. Et bien que chaque peau soit différente, il y a tout de même quelques notions de base à maîtriser afin d’optimiser au mieux une séance de pigmentation et d’obtenir le résultat escompté.

Les différentes couches de la peau

La peau est constituée de 3 couches principales :

  • L’épiderme en superficie.
  • Le derme qui est la couche intermédiaire.
  • L’hypoderme en profondeur.

peau et pigment, pigmenation

Le pigment et la peau

Quand on réalise une pigmentation, on doit déposer le pigment dans le derme afin d’obtenir une pigmentation durable dans le temps. En effet, la tenue est meilleure quand on dépose le pigment dans le « cuir » du derme c’est-à-dire la partie du derme réticulaire où sont localisées les fibres de collagène.

Si on dépose le pigment dans le derme papillaire, la couleur s’estompera plus vite mais, par contre, elle paraîtra plus chaude. A l’inverse, si on dépose le pigment dans le derme réticulaire profond, la couleur tiendra beaucoup plus longtemps dans le temps mais elle paraîtra plus sombre, plus froide.

L’épaisseur de la peau étant variable, de 0,5 mm à 3/4 mm suivant la zone corporelle, cela influence directement la profondeur de l’effraction cutanée afin de déposer le pigment dans le derme. Ce qui rajoute une difficulté technique ! Par exemple, une pigmentation des sourcils correspond à une profondeur d’implantation de 1 à 1,5 mm alors qu’une pigmentation d’aréoles mammaires correspond plus à 2,5 à 3 mm de profondeur.

peau et pigment, pigmenation

Sur l’image ci-contre, correspondant à une coupe de peau cicatrisée suite à un tatouage, on constate que le pigment (particules noires sur l’image) est bien localisé majoritairement dans le derme réticulaire. De plus, nous constatons également qu’il n’y a aucune particule de pigments dans l’épiderme en surface. En effet, le renouvellement cellulaire des kératinocytes composant principalement les différentes couches de l’épiderme se déroulent en 3 semaines à 1 mois. C’est pourquoi il ne faut pas effectuer de retouche d’une prestation dans ce laps de temps car le résultat final de la pigmentation n’est stabilisé que lorsque l’épiderme est renouvelé en totalité (et cicatrisé bien évidement).

Comment être sûr de piquer à la bonne profondeur ?

Un moyen de valider si l’intensité de la pigmentation et la profondeur d’implantation du pigment sont suffisantes est de visualiser un exsudat hémorragique faible lors de la pigmentation…
Mais q’est-ce qu’un exsudat hémorragique ?
C’est un mélange de lymphe et de sang qui remonte à la surface de la plaie provoquée par le passage de l’aiguille. Cet exsudat correspond à l’effraction du derme qui est vascularisé et innervé à la grande différence de l’épiderme (où cela ne suintera pas et ne provoquera pas de douleur !). Cependant, piquer trop en profondeur n’est pas un gage de meilleure tenue car si on dépose du pigment dans l’hypoderme, on va provoquer un saignement important car on va traverser le plexus vasculaire sous dermique. Ce plexus est à la frontière du derme et de l’hypoderme, ce sont des vaisseaux de grosse section qui vont entraîner une diffusion du pigment et une perte d’intensité de la pigmentation.

implantation_pigment_derme

Vous l’aurez donc compris, il est nécessaire d’avoir une parfaite connaissance de la peau pour réaliser une pigmentation de qualité, d’où l’importance d’une formation complète, où l’on ne se contentera pas de vous enseigner la technique,  mais bien tous les tenants et les aboutissants de la dermopigmentation !