Article rédigé par Leone Dibello

Paru dans Beauty Forum n°34 – Mai 2019

Les réseaux sociaux fleurissent de #permanentmakeup, #pmu, #microblading, soutenus par les stars, bloggueuses et autres fashionistas. Les techniques se multiplient, au risque de parfois s’y perdre. Ce comparatif, entre les méthodes dites traditionnelles réalisées au dermographe et celles plus récentes, tel le microblading, devrait vous aider à y voir plus clair.

De quoi parle-t-ton ?

Qu’il soit réalisé avec un dermographe ou grâce à la technique du microblading, le maquillage permanent consiste à implanter un pigment dans le derme, à l’aide d’aiguilles extrêmement fines. Dans le premier cas, la peau est piquée plus profondément que dans le second, où elle est griffée superficiellement à l’aide de lames.

Quelles différences entre microblading et dermographe ?

  • La profondeur d’implantation conditionne la tenue du travail dans le temps. La longévité d’un maquillage permanent réalisé avec un dermographe peut varier de deux à cinq ans, alors que celle d’un microblading n’excédera pas deux ans. Ce dernier étant d’ailleurs souvent assimilé à du maquillage semi-permanent.
  • L’indication dépend bien entendu du résultat escompté, mais pas seulement. Pour un maquillage permanent ancien, on privilégie une pigmentation au dermographe, surtout si le travail nécessite une correction, impossible à réaliser avec un microblading. De même, pour un remplissage complet des sourcils, à la mode libanaise, le dermographe est tout indiqué.

En revanche, si la cliente n’a plus ou très peu de poils, le microblading est idéal, car bien qu’il soit possible d’effectuer un poil à poil avec les deux techniques, il permet d’en dessiner d’une très grande finesse et d’un naturel stupéfiant.

Pour la réalisation d’un ombrage, on peut pratiquer l’une ou l’autre des méthodes. Dans le cas du microblading, on parle alors de softap ou de microshading.

Beauty Forum mai 2019 microblading vs dermographe

Avec quels pigments ?

Les mêmes pigments peuvent être utilisés, bien que l’emploi de pigments spécifiques soit recommandé pour le microblading. D’une formulation plus épaisse, ils facilitent la pose, offrent une meilleure pénétration dans l’incision réalisée avec la lame, ainsi qu’une meilleure prise. Il existe d’ailleurs des gammes complètes de pigments dédiés et adaptés à toutes les carnations.

Quel matériel et pour quel investissement ?

L’achat d’un dermographe est un investissement non négligeable en comparaison au stylo de microblading. Il faut y ajouter le coût des aiguilles (à usage unique) spécifiques, plus élevé que celui des aiguilles (également à usage unique) utilisées pour le microblading.

Néanmoins, ce coût est à la relativiser car cet appareil permet de réaliser toutes les autres prestations de dermopigmentation, telles que lèvres, eye-liner, aréoles mammaires ou  trichopigmentation. Rentabilisé en quelques séances seulement, il permet de se diversifier et d’offrir un panel de prestations plus large.

Quelle technique est la plus douloureuse ?

Le microblading est à priori plus douloureux. Cependant, si l’appui est léger, la douleur sera moindre et le résultat d’autant plus naturel. Mais, on ne le répètera jamais assez, nous ne sommes pas tous égaux devant la douleur. Au besoin, la cliente peut se faire prescrire par son médecin une crème anesthésiante à base de lidocaïne, sachant que l’usage d’autres types d’anesthésiants fortement dosés est quant à lui strictement interdit.

Peut-on mixer les deux ?

Il est tout à fait possible de mixer les deux techniques. Au demeurant, de plus en plus de praticiens les combinent, en réalisant le poil à poil en microblading et l’ombrage au dermographe.

Pour conclure, les deux méthodes permettant de créer des poil à poil très fins et des effets poudrés, le choix sera toujours guidé par la nature du sourcil de la cliente : si celui-ci est fourni, le microblading est à proscrire. Il faut aussi tenir compte du souhait de la personne, lui expliquer les différences ; et lui montrer des photos, de réalisations afin de déterminer avec elle quel type de maquillage permanent sera le plus adapté.

Leone Dibello Formateur BIOTIC PhoceaLa réponse de l’expert

Comment bien choisir la teinte de mon pigment pour éviter les virages de couleurs ?

Le choix de la couleur dépend en premier lieu du type de peau. La règle est simple : les peaux claires ont tendance à faire virer les pigments vers le chaud, donc vers des teintes orangées. A l’inverse, les peaux foncées tendent à faire virer le pigment vers le froid, soit des teintes grisâtres ou bleutées. Ainsi, dans le premier cas, on choisira des pigments dans des tonalités plutôt froides ou cendrées et, dans le second, chaudes. D’une manière générale, il est conseillé de toujours utiliser un stabilisateur, qui assurera une meilleure tenue dans le temps et un vieillissement par affadisement, et non par virage.