Quels sont les critères pour choisir les conditionnements de produits cosmétiques : seulement l’aspect et le prix, ou certains critères sont-ils plus conseillés que d’autres pour conserver la qualité du produit ?

En effet, le choix du conditionnement n’est pas anodin pour la qualité du produit cosmétique contenu.

Flaconnage cosmétiques

Conservation des caractéristiques du produit

Interactions contenant-contenu :

  • Le contenant peut agir sur le produit cosmétique : Certains produits cosmétiques se conservent très bien dans un flacon de verre (inerte) et mal dans un conditionnement plastique : déphasage, changement de couleur ou d’odeur. Dans ce cas, Il est important que le fabricant teste la compatibilité contenant-contenu. Pour ce faire, des tests de vieillissement sont nécessaires. Ces tests doivent être refaits chaque fois que le contenant est changé. Ce qui explique qu’on ne puisse pas proposer un changement de conditionnement sans délai supplémentaire, parfois de plusieurs mois. Aucune règle générale ne peut être appliquée, il faut tester individuellement chaque produit dans son contenant.
  • Le produit cosmétique peut agir sur le contenant : certains types de plastiques bas de gamme peuvent être attaqués par un cosmétique actif. Par exemple, l’acidité d’un peeling peut attaquer le PVC (PolyVinyl Chloride ou polychlorure de vinyle) et entrainer un dégagement de chlore dans le produit, qui va devenir irritant pour la peau. D’autres plastiques sont plus résistants, comme le PP (PolyPropylène) ou le PEHD (PolyEthylène Haute Densité) qui est plus résistant que le PEBD (Basse densité). Certains plastiques sont inertes, mais assez chers, comme le téflon.
  • Le conditionnement idéal : c’est bien sûr le verre. Mais, il n’a plus la côte aujourd’hui, car il est lourd (frais de port), cassable et peu modulable en design (teinte dans la masse, par exemple). Les plastiques l’emportent aujourd’hui. Il faudra opter pour des plastiques de qualité, surtout pour les produits fragiles (émulsions) ou agressifs (peelings, certains savons). La qualité du plastique est moins importante pour les cosmétiques peu agressifs ou peu sensibles (eaux florales, eaux micellaires, lotions). Il faut bien sur voir tous les plastiques en contact avec le produit cosmétique (bouchon, capsule, plongeur, pompe) et pas seulement le corps du flacon.

Contact de l’air avec le produit cosmétique :

Certains produits cosmétiques s’oxydent au contact de l’air. Ce sont principalement les produits gras (beurres et huiles). On dit qu’ils rancissent : la couleur fonce et l’odeur devient acre « rancie ». Les conditionnements qui protègent de l’air, comme les flacons pompes ou avec compte-goutte, évitent plus l’oxydation que les flacons à large ouverture ou les pots. Un flacon plein sera relativement protégé de l’oxydation par rapport à un flacon à moitié vide. Le conditionnement idéal est le flacon qui ne laisse pas entrer l’air, dit « airless ». Certains produits peuvent être inertés, pour une conservation idéale avant ouverture, en remplaçant l’air à la surface du produit par un gaz neutre, comme l’argon. Mais, dès la première utilisation, l’air va entrer et la protection d’avant ouverture est annulée.

Conservation de la propreté microbiologique

Un produit cosmétique n’est pas stérilisé. Il peut contenir certains germes susceptibles de se développer dans le temps. Certaines formes cosmétiques sont plus sensibles que d’autres au développement microbien, du fait de la quantité d’eau présente dans la préparation (eaux florales, sérums, crèmes). Si les germes se développent, le produit va se troubler, se recouvrir d’une membrane ou de corps flottants. L’odeur sera souvent altérée. Le cosmétique devra être jeté.

C’est la raison pour laquelle on ajoute des conservateurs. Ces conservateurs sont plus ou moins efficaces selon leur spectre d’action (les conservateurs Bio sont moins efficaces que les parabènes, le phénoxyéthanol, ou la méthylthiazolinone). La conservation de la propreté microbiologique dépend de la contamination initiale (fabricant) qui « consomme » les conservateurs présents.

Pour tester l’efficacité des conservateurs, on pratique un « challenge test ». Il faut insister sur la contamination chronique par l’utilisateur. Les pots, dans lesquels on plonge régulièrement les doigts représentent la pire alternative pour la conservation de la propreté microbienne. Les flacons pulvérisateurs, flacons-pompe et les compte-gouttes, évitant tout contact avec la peau sont préférables. Le meilleur, est ici encore, le flacon airless.