Le Dr Benjamin Sarfati, chirurgien spécialiste en chirurgie plastique esthétique et reconstructrice à l’hôpital Gustave- Roussy (Villejuif), présente dans une interview accordée à Paris Match, une nouvelle technique de reconstruction mammaire qui permet d’obtenir un résultat sans cicatrice visible !

Paris Match. Quel est le nombre de cancers du sein qui, chaque année en France, nécessitent une ablation totale?
Dr Benjamin Sarfati. Ce cancer est très fréquent et touche environ 1 femme sur 9. On compte en moyenne 20000 ablations du sein par an.

Dans quels cas l’ablation totale du sein est-elle nécessaire?
1.Lorsqu’il y a plusieurs tumeurs éloignées les unes des autres dans le même sein. 2.En cas de cancer inflammatoire. 3. Quand la tumeur est trop importante et qu’une chimiothérapie avant la chirurgie n’est pas possible pour réduire son volume.

En France, réalise-t-on, comme aux États-Unis, des ablations des deux seins de façon préventive?
Aujourd’hui, il est effectivement possible, en cas d’antécédents familiaux de cancer du sein, d’effectuer un test génétique permettant de détecter un gène prédisposant. Il en existe plusieurs, dont les gènes BRCA1 et BRCA2. C’est au médecin de diriger la patiente vers un généticien pour cet examen. Si une anomalie est détectée, elle saura que le risque de développer un cancer est augmenté.

Que peut-on proposer à une femme qui découvre ce risque?
Elle a le choix entre deux solutions. 1.Une surveillance radiologique et échographique annuelle. 2. Une ablation des deux seins avec reconstruction immédiate dans un même temps opératoire.

Décrivez-nous le protocole classique de cette chirurgie aussitôt après ablation?
Dans les cas où il est possible d’effectuer une reconstruction du sein juste après son ablation, le chirurgien conserve le maximum de peau et parfois l’aréole afin d’optimiser les résultats esthétiques. Cette reconstruction peut être réalisée avec une prothèse, un lambeau de graisse ou de muscle, ou par simple injection de graisse prélevée auparavant sur la patiente.

reconstruction mammaire robot assistée

Avec cette technique, quels sont les résultats?
Ils sont très satisfaisants. Cependant, la cicatrice finale (de 6 à 10 centimètres), située en général sur la partie latérale ou sous le sein, reste visible. Elle est parfois difficile à accepter pour la patiente, car elle porte atteinte à sa féminité. De plus, elle peut être source de complications post-opératoires.

Vous avez mis au point une nouvelle technique d’ablation en utilisant un robot. Quel en est le protocole chirurgical?
L’opération est réalisée à l’aide de la dernière version du robot Da Vinci (déjà utilisé en urologie et en gynécologie). L’intervention s’effectue au moyen de trois bras robotiques articulés qui reproduisent exactement les gestes du chirurgien, assis à une console de contrôle et bénéficiant d’une vision en trois dimensions. L’incision permettant de retirer la glande mesure 3 à 4 centimètres seulement et elle est située sous le bras de la patiente, à la hauteur du soutien-gorge. C’est par elle que la prothèse est insérée pour reconstruire le sein. Quand la patiente a les bras le long du corps, la cicatrice est invisible.

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