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La pigmentation des cicatrices est une bonne indication si les cicatrices sont claires c’est-à-dire que l’on pigmente une achromie (a- privatif grec ; donc littéralement une zone qui présente un manque de coloration).
De plus, avant de tatouer des zones achromiques, il faut valider que la cicatrice ne soit pas récente. On attend généralement 1 an environ avant d’effectuer une dermopigmentation, le temps que la cicatrice s’aplatisse et perde sa couleur rosée.
Il faut noter également que si la différence de pigmentation entre votre peau et la cicatrice claire est marquée, les résultats n’en seront que meilleurs car il sera plus aisé au fur à mesure des séances de rajouter de la couleur pour arriver au résultat attendu. En effet, si la différence de couleur entre la cicatrice et la peau est faible, le risque est de surpigmenter la zone et de mettre en évidence encore plus la cicatrice devenue foncée. Cela est d’autant plus problématique que les personnes qui envisagent une dermopigmentation médicale sur des cicatrices portent un vrai complexe qu’ils souhaitent corriger et c’est très souvent dans une zone visible (visage, cou et décolleté ou avant-bras), donc le droit à l’erreur n’est pas permis !
La pigmentation des cicatrices foncées est une mauvaise indication car les résultats ne sont pas très satisfaisants. On peut cependant envisager de les pigmenter avec la plus grande prudence et en maîtrisant bien les règles de la colorimétrie.
Tout d’abord, rappelons ce qu’est une folliculite. La folliculite est l’infection de l’appareil pilo-sébacé (le poil et la glande sébacée annexée au poil) par un germe pathogène, qui est le plus souvent le staphylocoque doré.
La folliculite chronique du cuir chevelu finira par entrainer une destruction du bulbe pileux et une alopécie cicatricielle définitive. Elle siège le plus souvent au niveau du vertex (sommet du crâne) et de la région occipitale.
La pigmentation peut être une bonne indication si la pathologie n’est absolument plus évolutive.
Si la folliculite est ancienne et que le cuir chevelu est normal, sans récidive de la folliculite, alors on peut envisager la trichopigmentation de l’alopécie cicatricielle.

Cependant, si la personne est toujours sous traitement antibiotique : par exemple, crème antibiotique à base d’acide fucidique (FUCIDINE®) ou à base de cortisone ou dérivés corticoïdes (par exemple, crème DIPROSONE®), la trichopigmentation est contre-indiquée.
En effet, le risque est certain de propager l’infection avec l’effraction cutanée provoquée pendant la séance de trichopigmentation.

En cas de doute, il faudra renvoyer le patient vers son dermatologue afin de poser l’indication de la trichopigmentation, voire de prescrire un traitement protecteur si on craint une réactivation de la folliculite.

Effectivement, la dermopigmentation est contre-indiquée chez les patients immunodéprimés et la chimiothérapie peut entraîner cet état.

Mais, sauf cas particulier, on n’est pas déprimé avant la chimiothérapie. Il n’y a, par conséquent, aucune contre-indication à faire une pigmentation des sourcils à titre préventif avant la chimiothérapie.

Généralement, la chimiothérapie comporte une phase de chimiothérapie intense (séances rapprochées), puis une phase d’entretien. Parfois, devant l’aggravation de la maladie, la chimiothérapie intense peut être reprise ou le protocole chimiothérapique modifié.

  • Pendant la phase intense, la personne sous chimio est en principe immunodéprimée et la pigmentation est interdite.
  • Pendant la phase d’entretien, il est possible de pratiquer une pigmentation. Mais, il faut choisir le moment. En principe, la patiente est immunodéprimée les jours qui suivent le traitement, puis, le système immunitaire remonte, et est à son maximum lors de la séance suivante. Il faut donc éviter de faire la pigmentation juste après une séance de chimiothérapie, mais au contraire, juste avant, lorsque le système immunitaire est remonté. Si par exemple, la patiente bénéficie d’une séance tous les 15 jours, faire la pigmentation vers le 12°jour après une séance (3 jours avant la séance suivante).

En conclusion, la pigmentation des sourcils est une bonne indication dans le cadre de la chimiothérapie, mais, un programme doit être établi, que l’on peut résumer schématiquement dans le tableau suivant :

Schéma de la pigmentation lors d’une chimiothérapie

Chimiothérapie

Pigmentation

Commentaires

Avant la chimiothérapieOuiInutiles dans les chimiothérapies qui n’entraînent pas de perte de poils
Pendant la phase initiale de la chimiothérapieNonContre-indication absolue
Pendant la chimiothérapie d’entretienOui, mais …Jamais dans les 3 jours suivant une séance, mais dans les 3 jours qui précèdent
Après la chimiothérapieOuiAprès avoir respecté un délai d’au moins 15 jours.
C’est très difficile à faire (achromie en placard sur peau blanche et de grande surface).
Néanmoins, on peut l’envisager avec une grande prudence :

  • test de couleur
  • travail en peau homogène en restant du côté du défaut par une sous-correction
  • l’hiver seulement.

Une bonne technicité et une excellente connaissance du devenir des couleurs sont indispensables pour se lancer dans ce type d’intervention.

Réponse apportée par le Dr Jean-Paul Tiziano,
Docteur en chirurgie plastique, fondateur des Laboratoires BIOTIC Phocea

En théorie, on peut pigmenter sans problème une greffe de peau.

Cependant, le mélanome est susceptible de récidive locale. Le tatouage va rendre difficile, voire impossible l’examen de la peau et masquer une éventuelle récidive.

De plus, les cellules cancéreuses étant le plus souvent pigmentées dans le mélanome, la moindre apparition de couleur fera porter le diagnostic de récidive locale, ce qui est impossible à voir sur une peau tatouée.

Réponse : NON, on ne peut pas tatouer dans ce cas.

Par contre, si c’était une greffe de peau en réparation d’une exérèse (ablation) d’une tumeur bénigne (angiome par exemple), on pourrait le faire.

Réponse apportée par le Dr Jean-Paul Tiziano,
Docteur en chirurgie plastique, fondateur des Laboratoires BIOTIC Phocea

Il faut bien s’assurer que le vitiligo soit stabilisé depuis plusieurs années pour éviter un phénomène de rebond. Ce phénomène de Koebner peut se produire localement par une extension de la plaque de vitiligo ou par une progression générale de la pathologie. Ce phénomène peut théoriquement se produire, même sur un vitiligo stabilisé. Il est important d’envisager la restauration chromatique de la peau atteinte lorsque la peau environnante et la plus claire possible : l’hiver, mais surtout à distance de la PUVAthérapie qui entraine une hyperpigmentation de la peau saine de voisinage.
Il faudra faire un test de couleur en point sur une zone peu visible avant de commencer la restauration chromatique. Ce test comportera plusieurs essais de couleurs proches en mélange ou pas.
C’est un travail intéressant mais difficile. La différence chromatique est importante sur le dessus des mains. L’importance de cette différence joue en notre faveur en cas de couleur imparfaite.
Sur le dessous des poignets, il ne faudra pas faire les mêmes couleurs (ou pas les mêmes dilutions) car c’est plus clair et cela finit en dégradé.
Il faudra bien rester du côté clair dans le choix des couleurs pour ne pas faire de tâches foncées et dépasser sa vraie couleur de peau non bronzée.
On peut raisonnablement proposer un tarif allant de 800€ à 1000€ pour 5 séances + le test.
Ne pas lui promettre une correction invisible (restitutio ad integrum) mais une atténuation des tâches.
Il arrive que le pigment ne prenne pas chez certaines personnes (s’assurer que ce soit bien à cause de sa peau et pas de vous!) Il faut donc envisager un prix pour le test et la première séance.
Il faudra appliquer régulièrement une crème solaire teintée indice 50 pour que le tatouage vieillisse bien.
Il faut prévoir que les séances dureront une bonne heure de pigmentation effective en moyenne.

Réponse apportée par Régis Sauvan,
Dermographe et Formateur au sein des Laboratoires BIOTIC Phocea